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Philosophie La vérité partie 4

La différence entre La réalité et la vérité

La différence entre La réalité et la vérité partie 2

La réalité, critère de vérité partie 3

 

Philosophie

La vérité

« Le vrai et le faux sont des attributs du langage, non des choses.

Et là où il n’y a pas de langage, il n’y a ni vérité ni fausseté. »

Hobbes, Le Léviathan, P. 1, ch. V (1651)

Les mots peuvent-ils déformer la vérité ?

 

La magie des mots peut être une inauthenticité, déformée en apparence dans la réalité – Franca Gagliardi.

CONFUCIUS

(Brecht)

Pourquoi Confucius va-t-il remplacé « faire tuer » par « assassiner » et « tué » par « exécuté » ?

Confucius altéra le texte d’un vieil almanach populaire en y changeant certains mots.

Au lieu d’écrire :

« Le maître de Kun fit tuer le philosophe Wan », il mit « Le maître de Kun fit assassiner le philosophe Wan ».

Là où il était question de la mort du tyran Soundso « tué dans un attentat », il remplaça « tué » par « exécuté ».

Confucius ouvrait la voie à une nouvelle conception de l’Histoire.

De même, A notre époque, celui qui au lieu de « peuple » dit « population » et au lieu de « terre » parle de « propriété foncière » évite déjà de soutenir bien des mensonges. Il ôte aux mots leur magie frelatée. Le mot « peuple » implique une unité fondée sur des intérêts communs (…). La population d’un même territoire a, elle, des intérêts divergents, voire opposés. Voilà une vérité à ne pas oublier

Au lieu de « discipline » on devrait, là où règne l’oppression, parler « d’obéissance », car la discipline est possible même sans maître et a donc quelque chose de plus noble que l’obéissance.

La vérité est-elle une propriété des choses ou de ce que l’on dit des choses ?

Spinoza

Pensées métaphysiques, trad. R. Caillois, Gallimard, La Pléiade, pp. 316-317.

La première signification de vrai et de faux semble avoir son origine dans les récits; et l’on a dit vrai un récit quand le fait raconté était réellement arrivé; faux, quand le fait raconté n’était arrivé nulle part.

Plus tard, les philosophes ont employé le mot pour désigner l’accord d’une idée avec son objet; ainsi, on appelle idée vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-même; fausse, celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des histoires de la nature dans l’esprit

Le « Discours de la Méthode » de Descartes

Le « Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences »

Sa première certitude étant l’existence du sujet pensant : « cogito ergo sum » (« je pense donc je suis »).

 

 

Milton Erickson Carl Gustav Jung.

 

Deux thérapeutes hors du commun.

Dans le milieu des années 1952, Milton Erickson  a été convoqué devant le Conseil de l’Ordre des Médecins (qui trouvait ses pratiques étranges et envisageait de le radier) afin de vérifier sa compétence et son éthique.
Carl Gustav Jung  à été fortement critiqué et incompris par sa découverte de l’inconscient collectif, souvent on l’a fait passer pour un illuminé.
Jung savait comme Erickson que toutes idées, émotions, actions, perceptions, étaient d’abord inconscientes avant de devenir conscientes. Mais surtout que dialoguer avec nos personnages inconscients était naturel. Tous deux n’ont jamais enseigné leur pratique.
Les neurosciences, la neuro-imagerie (IRMf TEP) ont confirmé l’expérience de ces deux thérapeutes hors du commun, et notamment les travaux révolutionnaires de Benjamin Libet, Ned Sahin, Michaël Gazzinaga, John Dylan Haynes. 
Carl Gustav Jung découvre lors de sa confrontation avec les complexes inconscients la possibilité de les personnifier, c’est le but final qui marque la fin de l’analyse jungienne. Jung donne à cette pratique le nom d’imagination active, qui deviendra avec Hal Stone le dialogue intérieur. 
La pratique de l’imagination active nous permet de passer de la condition d’esclave à celle d’être libre, de sortir de l’état hypnotique dans lequel nous sommes tous et toutes en dialoguant avec nos personnages intérieurs. La véritable auto hypnose est la continuité de cette pratique.

Milton Erickson se situant dans le cadre des thérapies brèves va par l’hypnose rentrer en contact avec les personnages intérieurs de ses patients. Il acquiert la certitude au cours de sa longue expérience que « l’inconscient est là à trois pieds de lui, qu’il l’écoute et comprend ses suggestions ». 
Après avoir constaté au début de sa pratique qu’il essayait trop de diriger les personnages intérieurs de ses patients par des suggestions directes. Il va développer son approche utilisationnelle car comme dans l’imagination active, ne pas tenir compte de la vie propre de nos complexes inconscients conduit à des résultats thérapeutiques superficiels.
Milton Erickson et Carl Gustav Jung vont avoir la certitude que nous vivons en permanence dans un état modifié de conscience sous l’influence de nos personnages inconscients.
La pratique fondamentale n’est pas de créer un état hypnotique qui est l’état d’inconscience naturel dans lequel nous vivons tous et toutes. Mais bien de faire sortir les personnes de l’état d’inconscience dans lequel elles vivent. 
Le rêve est l’activité naturelle de l’inconscient qui continue en permanence à l’état diurne.
Ces deux thérapeutes mondialement reconnus , ne l’ont été que parce qu’ ils ont su que l’inconscient était loin d’être simplement une annexe de la conscience, mais qu’il était à l’origine de tous nos processus mentaux , que notre conscience vivait toujours dans le passé en pilote automatique. 
Les résultats cliniques obtenus par Carl Gustav Jung et Milton Erickson laissent beaucoup d’espoir pour les personnes en souffrance.

Michael S Gazzaniga, neuroscientifique directeur du SAGE Center for the Study of the Mind à l’Université de Californie.

Confirme que l’inconscient non seulement parle, mais surtout qu’il  interprète nos actions .

Le cerveau est divisé en deux hémisphères;

  • Les informations visuelles ou sensorielles du coté gauche sont transmises à l’hémisphère droit.
  • Les informations visuelles ou sensorielles du coté droit sont transmises à l’hémisphère gauche

 

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Les personnes au cerveau divisé, ont  subi une opération consistant à sectionner complètement le corps calleux, gros faisceaux de fibres nerveuses reliant les deux hémisphères cérébraux

L’étude  des personnes au cerveau divisé ont  amené Gazzaniga à élaborer son  concept «d’interprète», situé dans l’hémisphère gauche de notre cerveau.

Dans l’une de ces expériences classiques, le patient au cerveau divisé devait pointer avec ses deux mains deux objets correspondant à deux images vues sur l’écran divisé, donc par chacun de ses hémisphères isolés.

a1

Dans l’essai illustré ci dessus;

  • -la main gauche pointe la pelle parce que l’hémisphère droit qui la contrôle a vu la scène d’hiver.
  • -la main droite pointe la poule parce que le cerveau gauche a vu la patte de poule.

Mais lorsqu’on demande au patient d’expliquer pourquoi sa main gauche pointe la pelle, son hémisphère parlant (le gauche), n’a pas accès à l’information vue par le droit. Il  interprète  son comportement en répondant que c’est parce qu’on utilise une pelle pour nettoyer le poulailler !

Dans une autre expérience Gazzaniga demandait à un patient de fixer le centre d’un écran. À un moment, le mot sortez est brièvement flashé à la gauche de l’écran, donc perçu uniquement par l’hémisphère droit. Cet hémisphère est capable de lire et de comprendre cet ordre, mais ni de le prononcer, ni d’en informer l’hémisphère gauche. Résultat : le patient se lève et se dirige vers la porte. « Où allez-vous ? », lui demande Gazzaniga. « j’ai soif, je vais chercher un jus de fruit », répond le patient

On aurait pu imaginer que l’hémisphère gauche (qui ignore la cause réelle du comportement) réponde : « Je ne sais pas » au contraire, le voilà qui formule une fiction (la soif) à laquelle il croit et qui donne un sens à son propre comportement.

Ce type d’expérience montre à quel point notre cerveau est prompt à fournir des justifications langagières inconscientes,  pour expliquer notre comportement. Mais surtout que chaque être humain possède un module inconscient dans l’hémisphère gauche  qui interprète toutes nos actions pour leur donner un sens.

Pour Gazzaniga (2) seul cet interprète de l’hémisphère gauche qui possède les fonctions langagières complexes  et qui domine le droit  a une véritable conscience spécifiquement humaine.

C’est cet interprète inconscient qui nous donne l’illusion que nous sommes cohérent rationnel. Carl Gustav Jung est le premier psychiatre en 1913 à découvrir cet interprète,  découverte révolutionnaire qui ne sera vulgarisée qu’après sa mort .

Pour Sigmund  Freud «le moi n’est pas le maître dans sa propre maison.»

et pour Carl Gustav  Jung «nous procédons de l’idée simpliste que nous sommes le seul maitre dans notre propre maison.»

Chose certaine, les expériences faites avec des patients au cerveau divisé, ont mis en évidence l’importance de ces histoires que  notre inconscient nous  raconte constamment, pour maintenir une image cohérente de nous-mêmes et de nos actes.

D’autant plus que nous savons maintenant que ces phrases ont d’abord été créées inconsciemment, 350 à 400 millisecondes avant que la conscience n’ait l’intention de les prononcer.

Notre inconscient arrive à justifier les pires des atrocités, ce siècle qui vient de se terminer en a été la triste illustration.

Christian Verdeau

(1) http://lecerveau.mcgill.ca/flash/capsules/experience_bleu06.htm

(2) « Le libre arbitre et la science du cerveau

Franca Gagliardi – février 2016

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